Rencontres de BIENNE/Bieler Gespräche/Incontri di BIENE

Parler plus loin :

sélection 2021

aux RENCONTRES DE BIENNE/BIELER GESPRÄCHE/INCONTRI DI BIENE

Témoigner

Parler plus loin rassemble une centaine de textes poétiques courts, inspirés par des témoignages sur le rapport à la langue étrangère : la langue de l’autre en soi ou de l’autre-soi. Ces témoignages ont été recueillis par l’auteure, Muriel Valat-B, auprès de femmes de plusieurs générations, ayant un rapport privilégié avec une ou plusieurs langues étrangères.

La dimension d’écoute et d’échange est primordiale dans ma démarche d’écriture.

De l’étrangeté à l’intimité

Parler une langue étrangère peut être vécue comme une imposture, une indiscipline, parfois comme une libération, toujours comme une expérience transformatrice. Les femmes interviewées expriment souvent leur étonnement quant à leur propre parole dans une langue étrangère, étonnées de dire parfois des choses qu’elles n’avaient pas prévu de dire, qu’elles ne savaient pas. Elles se sentent souvent une personne différente.

Dans la nouvelle langue quelque chose s’exprime qu’on n’avait pas vu, peut-être parce que ce n’était pas là ?

À partir de fragments choisis dans les interviews, émergent des bouts de narration, libérés de l’anecdote, multiples lignes de fuite. L’auteure introduit un peu de désordre dans l’histoire et privilégie l’atmosphère sonore plutôt que le sens pour créer une brèche dans l’identité de la personne, créer suggérer /un nouveau personnage qui se défait au fil …

Au fil des rencontres, je suis allée à la recherche de la saveur de l’expérience plus que de l’histoire, de l’anecdote. Écouter ce désir de la langue nouvelle, ce désir d’être «autre», et sous le sens apparent de ce qui est dit, débusquer une autre parole, encouragée, prononcée par la nouvelle langue. Comment une langue étrangère réveille l’autre en nous ? Comment et peut-être justement parce qu’elle n’est pas complètement maîtrisée, qu’elle nous échappe souvent, la langue étrangère est-elle au plus près de nous ? »

La question sous-jacente émerge peu à peu : Qui parle ?

Le désir d’écrire et d’explorer cette parole d’émancipation (au sens le plus large) s’est alors manifesté ainsi que le souhait d’interviewer d’autres femmes sur leur propre expérience, leur rapport intime à la langue étrangère.

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N’importe qui peut faire n’importe quoi

STUDIOLO L’ART DE RIEN 2 PLACE JOSEPH SÉBASTIEN PONS À PERPIGNAN 

EXPO COLLECTIVE DU 35 MAI AU 14 JUILLET 

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HyGièNe DeS éDeNS

Le collectif After and or According to, Émilie Akli, Gilles Bingisser, Xavier Bismuth, Judith Estela Britez di Sano, Alex Chevalier, Chantal Collec Pellerin, Marianne Colombani, Marie Cécile de Beyssac, François Fondeville, Guillaume Fosse, Pierrette Gaudiat, André Geertse, Michel Giroud, Rafael Gray, Max Horde, Joël Hubaut, iF collectiF, Won Jy, Piotr Kowalski, Maëlle Labussière, Yves Lappert, Alain Léonésie, Martin Mc Nulty, Bruno Mercet, Sylvie Mir, Nous Horizons, Beth O’Grady, Wan Seok Oh, Lisbeth Parisius, Ulla Pedersen, Ugo Pipo, Isabelle Poussière Poussier, Thomas Seto et Hyunjoo Son, Muriel Valat-b, Ankie Van Dijk, Martine Viale et Max Wayse. 

Accrochage
Phalènes / tapisserie Rafaël Gray

Chapelle de Planèzes

Les rouges de Mark Rothko et les carrés imbriqués de Josef Albers ont laissé des traces dans ces tissus. Tissus plissés comme des coquillages, conques roses sur carrés rouges, conques rouges sur carrés roses sous le demi-cercle de l’abside. Tissu-peau, peau-organe, organe-tissu. La vit naît d’un pli.

Les Conques ensemble réalisé spécialement pour la chapelle

Phalènes, poétique de l’état aérien

Dans la série Phalènes 2020, l’exploration se fait plus dynamique. Dynamisme de la forme et de la pensée imaginante. Du fait du matériau très léger, sensible au moindre déplacement de l’air, les Phalènes peuvent prendre les formes les plus variées. Elles n’ont plus de forme fixe ; elles deviennent mouvantes, formes ouvertes à l’infini comme notre imagination. Elles vont et viennent entre la constitution et la mobilité.

Avec l’air, le mouvement prime la substance. L’air, élément invisible mais bien réel, matérialise les forces cachées, manifeste le potentiel de transformation.

L’œuvre n’est plus là pour elle-même mais pour rendre visible l’élément air, pour manifester le dynamisme, et éprouver en nous-même l’instabilité comme fondement et condition nécessaire à la vie.

Sources : Gaston Bachelard, l’air et les songes